Post-pod #20 (alliances)

Amitiés féminines

⊕Références théoriques

-Le numéro de la revue Questions féministes, « Amies », avec cette introduction:

Tantôt célébrées, tantôt critiquées voire ridiculisées, les amitiés entre femmes sont l’objet de ce numéro de Nouvelles Questions Féministes. Les amitiés entre femmes sont l’objet de projections variées: tantôt célébrées pour l’intensité des relations qu’elles génèrent, tantôt ridiculisées pour leur futilité, tantôt décrétées impossibles sous prétexte de rivalité, tantôt associées au lesbianisme, elles présentent un intérêt évident pour l’étude des rapports sociaux de sexe.(…)

Les amitiés entre femmes sont un moyen de s’opposer à la domination masculine. Elles permettent en effet aux femmes de prendre conscience de l’oppression qu’elles subissent et de passer du statut d’objet à celui de sujet. Mais l’idée de sororité n’est pas sans ambiguïté, ce qui explique qu’elle soit l’objet de polémiques entre féministes: les femmes ne subissent en effet pas toutes des oppressions identiques.

et encore :

Contrer l’essentialisation de l’amitié, c’est insister sur son caractère historique, ses modalités concrètes et les diverses lectures auxquelles elle donne lieu. Comme toute relation sociale, l’amitié entre femmes est le produit d’influences sociales multiples, liées au contexte historique dans lequel elle prend forme. Ni sa nature ni sa valeur ne vont de soi : tantôt présumée impossible en raison d’une moindre disposition des femmes à l’autonomie, tantôt vantée pour les confidences et l’intensité des sentiments qu’elle génère, l’amitié entre femmes est tout à la fois une réalité sociale négligée et un écran de projections multiples. (Martin, Hélène, et al. « Les relations d’amitié », Nouvelles Questions Féministes, vol. vol. 30, no. 2, 2011, pp. 24-33)

-Le texte de Bell Hoocks: Sisterhood: Political Solidarity between women, traduit en français et en ligne grâce à infokiosque. Extrait:

Les femmes n’ont pas besoin d’éradiquer leurs différences pour se sentir solidaires les unes aux autres. Nous n’avons pas besoin d’être toutes victimes d’une même oppression pour toutes nous battre contre l’oppression. Nous n’avons pas besoin de haïr le masculin pour nous unir, tant est riche le trésor d’expériences, de cultures et d’idées que nous pouvons partager entre nous. Nous pouvons être des sœurs unies par des intérêts et des croyances partagées, unies dans notre appréciation de la diversité, unies dans la lutte que nous menons pour mettre fin à l’oppression sexiste, unies dans la solidarité politique.(Hooks, 2008 : 134)

-Un texte de Dominique Golay et Dominique Malatesta (2012) : L’amitié entre filles de 9 à 11 ans : entre affinités individuelles et enjeux statutaires

-Un texte de Karen Walke (2011) : Les hommes, les femmes, et l’amitié : ce qu’ils et elles disent, ce que ils et elles font. Résumé:  » À partir d’entretiens approfondis, elle analyse les contradictions entre le discours que tiennent les femmes et les hommes sur leurs amitiés et leur manière de les vivre concrètement. L’auteure montre la force de l’idéologie qui, reconduisant l’idée d’une « nature » relationnelle des femmes et d’un penchant masculin pour l’« activité », oppose des amitiés féminines bavardes et sentimentales à des amitiés masculines motivées par le fait de « faire des choses ensemble ». Néanmoins, lorsque les hommes parlent de leurs amis, ils disent échanger avec eux à cœur ouvert, alors même que dans la vision stéréotypée de l’amitié qu’ils partagent, ce comportement semble réservé aux femmes. De même, les stéréotypes correspondent mal à la réalité des amitiés entre femmes. Certaines d’entre elles, par exemple, déclarent avoir peu d’occasions de nouer des relations de proximité affective avec d’autres femmes en raison de leur situation socioprofessionnelle. Les appartenances de classe peuvent donc elles aussi être un facteur de discordance entre discours et pratiques. »

-Le post de Caroline Heldman : Sexual Objectification, Part 3: Daily Rituals to Stop

-Le post de Roxanne Gay : How to be friends with another Woman

⊕Séries-films

-La mythique et hors-norme FIFI BRINDACIER: extrait et générique

-La série sud africaine sur le féminisme intersectionnel et une super bande au féminin des  Foxy five  (2016-), avec Duduza Mchunu, Qiniso van Damme, Tatenda Wekwatenzi, Qondiswa James et  Nala Xaba. -Écoutez l’épisode Magistrales des Crépidules à propos de cette web-série

Sense8 (2015), créée par les sœurs Wachowski (Matrix), pour une figuration libertaire des liens humains proposée par les huit héro·ine·s de cette série, dans un subversif  et si appétissant « continuum amitié-amour »-une proposition trop révolutionnaire sous l’ère Trump qui a participé à l’arrêt de sa production en plein vol?

-Pour une intense relation d’amitié certes, mais… : Divines (2016), avec Oulaya Amamra et Deborah Lukumuena

-Le film d’espionnage au xème degré, où ô miracle, l’amitié est choisie comme récompense finale, au détriment d’une nuit torride avec le mâââle du film: The Spy (2015), avec Melissa McCarthy et Rose Byrn

-Nos grandes amies qui nous donnent envie de vieillir : Grace and Franckie (2015- ), avec Jane Fonda et Lily Tomlin

-Une alliance féminine à la française qui détonne dans le paysage (sans grandes prétentions non plus) : Les reines du ring (2013), avec Marilou Berry, Natahlie Baye, Audrey Fleurot, Corinne Masiero

-Le classique film d’amitié au féminin (pour le happy end, choisissez-en un autre!): Thelma et Louise (1991), avec Genna Davis et Susan Sarondon

-L’article sur les figurations cinématographiques de l’amitié entre femmes: Romance vs Womance

-Le site de Women Occupy Hollywood

-Le speech de Jessica Chastain lors du festival de Cannes de cette année

-Le « test » que Bechdel  a illustré en 1985, selon une idée originale de son amie Liz Wallace:

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