Post-pod #8 (Tribulations)

Terme Queer

⊕ En 1991, Teresa de Lauretis utilise l’expression « théorie Queer » dans son article « Théorie Queer: sexualités lesbiennes et gaies. Une introduction », in M.-H. Bourcier (2007), Théories queer et cultures populaires de Foucault à Cronenberg, Paris, La Dispute, p.100).

Elsa Dorlin a écrit un texte très utile en ce qui concerne le terme queer, notamment sur son histoire et sur les développements théoriques le concernant dans les années 1990: le chapitre « Phliosophies de l’identité et ‘praxis queer », Elsa Dorlin (2008), Sexe, genre et sexualités, Paris, PUF, pp. 109 – 129.

Terme d’Empowerment

⊕ Un article sur la généalogie de ce concept: Anne-Emmanuèle Calvès, « « Empowerment » : généalogie d’un concept clé du discours contemporain sur le développement », Revue Tiers Monde, 4/2009 (n° 200), p. 735-749.

⊕ Un contrepoint sur cette notion par Mhb/Sam Bourcier : « Cultural translation, politics of disempowerment and the reinvention of queer power and politics », Sexualities 15(1) 93–109

Articulation Sexe/Genre

Nous évoquons la construction conceptuelle de ces deux termes, sans prétendre en amener toutes les nuances et subtilités, notamment dans leur agencement chronologique qui ne se déroule assurément pas de manière mécanique ni linéaire.

⊕ Money n’invente pas le terme de genre mais le reformule  en s’inspirant des travaux de l’anthropologue Margaret Mead, personnage majeur de l’anthropologie culturelle américaine. Pour en savoir plus sur ses travaux, profitons de l’érudition du Blog Ça fait genre, ici.

⊕ Les publications de Jean-Christophe Coffin

⊕ Pour aller plus loin sur les réappropriations féministes du terme genre: un compte-rendu sur le livre de Anne Oakley, « Sex, Gender and Society » (1972). Idem, sur le livre de Gayle Rubin, « surveiller et jouir »(2001), ainsi qu’article de Christine Delphy, « Penser le genre: problèmes et résistances »(2001). Nous vous proposons à nouveau un entretien de Thierry Hoquet (la première partie de celle proposée dans le post-pod #6) : « A bas le binarisme: le sexe est flou le genre est construit! »

Également un texte de E.Fassin (2006) sur la construction historique du terme genre, « Le genre aux États-Unis et en France ». Dans son introduction, il précise sa démarche, qui s’inscrit dans celle d’un savoir situé (D.Haraway) de l’épistémologie (boîte d’outils-à-penser) féministe:

« Je commencerai par une remarque, qui est aussi une mise en garde : ces questions sont politisées ; mon travail l’est aussi. Nul n’est hors jeu, nul n’est en surplomb. C’est vrai des questions sexuelles : d’une manière ou d’une autre, tout le monde est pris dans la construction des rôles masculin et féminin, ainsi que dans celle des sexualités. Mais il ne s’agit pas seulement des questions sexuelles : c’est également vrai de l’ensemble des questions sociales : personne n’est « hors classe », par exemple, pour parler des ouvriers ou des cadres. La société dont on parle est la société depuis laquelle on parle.

Cela ne veut pas dire renoncer à la scientificité, c’est-à-dire à la rigueur de l’objectivation, mais c’est écarter les illusions de l’objectivité. Le savoir est pouvoir, on le sait : la science est donc toujours, inévitablement, politique. Rendre explicites, visibles, lisibles ses partis pris, est à mes yeux un gage de scientificité– et non quelque « neutralité » affichée, mais impossible à mettre en œuvre. Bref, je ne vais pas vous proposer des vérités absolues, mais le fruit d’une recherche engagée depuis une quinzaine d’années, construite à partir d’un point de vue propre, à un moment historique particulier, donc en fonction de contextes spécifiques, et soumis aux règles habituelles du travail scientifique.

Je souhaite donc, par cette remarque préalable, vous inciter à porter sur mes propos un regard critique, comme je porte un regard critique sur la société que j’essaie d’analyser. C’est pour moi d’autant plus important que j’ai parfois critiqué ce que je considère comme les abus de l’expertise, faisant passer des choix politiques pour des vérités scientifiques. En même temps, je voudrais vous montrer, en pratique, le lien complexe entre le savant et le politique. »

⊕ Un ouvrage didactique sur le concept de genre de Lorena Parini, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des Études genre de L’université de Genève : Le système de genre: introduction aux concepts et théories, Zurich, Seismo, 2006.

⊕ Un texte sur le concept de genre dans le contexte du Développment, par la si pointue Christine Verschuur, « Quel genre ? Résistances et mésententes autour du mot  » genre  » dans le développement », Revue Tiers Monde, 4/2009 (n° 200), p. 785-803.

⊕ Une émission de FranceInter avec la neurobiologiste féministe Catherine Vidal, ainsi que la vidéo d’une de ses conférences, « Cerveau, sexe et préjugés », cérébralement nourrissantes.

⊕ Last but not least, La définition du genre donné par Joan W. Scott dans son fameux texte de 1986, « Le genre, une catégorie utile d’analyse historique » :

« Le point central de la définition [du genre] repose sur une relation – absolue – entre deux propositions : le genre est un élément constitutif des relations sociales fondé sur les différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier les rapports de pouvoir. »