Post-pod #9 (Plaisirs solitaires)

Les femmes et la littérature

⊕ Un article scientifique sur La place des femmes dans l’histoire littéraire : annexe, ou point de départ d’une relecture critique?, Christine Planté (2003). Extrait:

« Mais pourquoi, pourrait-on après tout, et n’ose-t-on plus trop aujourd’hui demander, importe-t-il que cette histoire comporte des femmes ? D’un point de vue scientifique, une première réponse s’impose : parce qu’elles ont existé, et que toute connaissance incomplète est une connaissance affaiblie, insatisfaisante, qui tend à reconstruire une image fausse de la réalité — ici, de la littérature.

(…) et la deuxième raison d’inscrire les œuvres de femmes dans l’histoire littéraire est précisément d’inviter les lecteurs à juger sur pièces et sur textes, et à ne pas s’en tenir aux préjugés, en se privant ainsi de livres dignes d’intérêt et de beaux textes.

(…) Une troisième raison est d’ordre symbolique : la différence des sexes est une donnée fondamentale de l’expérience humaine — partant, de la littérature —, et la vision qu’on a du monde et de la culture n’est pas la même selon que les femmes y apparaissent seulement en position d’objets, d’inspiratrices ou de lectrices, ou si elles y figurent aussi en position de productrices et créatrices. »

Un autre (1981) qui traite De la « littérature féminine » à « l’écrire-femmme » : différence et institution, de Béatrice Slama. Extrait:

« Les femmes écrivains et l’institution littéraire ont toujours été prises dans une dialectique subtile. Les femmes ont conscience de leur force subversive. L’institution tente de l’ignorer, de la neutraliser ou de la récupérer. Les femmes sont prises entre le désir d’être acceptées et le besoin d’affirmer leur transgression. Pour trouver leur place, leur voix, elles doivent, au risque de se perdre ou de se leurrer, gommer ou clamer leur différence »

⊕ Une émission de France Inter sur « Les femmes et la littérature : des Précieuses aux écrivaines d’aujourd’hui » dans le programme Les femmes, toute une histoire, par S. Duncan (2014)

Les femmes dans le polar

Denise Mina

⊕ Le site de Denise Mina, où on trouve les références de ses ouvrages, ainsi qu’une  interview de 2013, sur le site du Independent.

⊕ Pour connaitre plus sur les tours guidés du Glasgow Women’s Library, c’est ici!

Histoire et médiatisation

⊕ L’ article de 1997, Les filles à l’assaut du polar. Un autre, Polar et roman noir : quand les femmes mènent la danse, Anaïs Orieul (2015). Un compte rendu qui retrace une forme d’histoire, les typologie et les thématiques des Femmes dans le noir, (essai) par Elizabeth Legros Chapuis, Le Coin du Canal – The Book Edition (2012). Extrait:

« Les auteurs femmes de romans policiers sont bien plus que des reines du crime ou des stars du polar. Elles font partie des auteurs qui contribuent à faire du roman policier un outil puissant d’analyse de l’évolution des structures sociales et des comportements individuels et collectifs de notre époque. Elles enrichissent cette vision de personnages complexes, crédibles, bien ancrés dans des mondes précis. Et – last but not least – elles nous apportent de grands plaisirs de lecture. »

⊕ Un article scientifique, Femmes et polar ou la jambe interminable du polar, de Stéfanie Delestré (2011). Extrait:

« Se jouent, dans ce secteur d’activité, les mêmes enjeux que dans d’autres, et les femmes ont là comme ailleurs à y faire reconnaître l’égalité de leurs compétences, de leurs droits, etc. Un combat de longue date, sans cesse à renouveler, mais la persévérance et la pugnacité finiront bien, un jour, par être récompensées. »

L’émission « Les femmes fondues au noir » de France Culture, avec Hélène Amalric, spécialiste du polar.

Sexualité

⊕ Correctif: Le Dr suisse Samuel Auguste Tissot, très influant dans la lutte anti-masturbatoire européenne – son ouvrage-phare sur ce thème connut soixante-trois éditions entre 1760 et 1905 (L’onanisme. Dissertation sur les maladies produites par la masturbation, réédité en 1998, Éd.: La Différence, Coll.: 700 Ans de Littérature)-,  n’est pas un contemporain du médecin américain John Harvey Kellog. Le premier vivait au 18e et le second au 19e.

⊕ Le livre fondamental pour comprendre la dimension politique du sexe, notamment pour son texte « Penser le sexe », c’est celui de Gayle Rubin, traduit en français en 2010 : Surveiller et jouir, Anthropologie politique du sexe, Les grands classiques de l’érotologie moderne, Epel (2010). Et une conversation avec l’autrice (2012).

Clitoris

⊕   L’article d’Alessandra évoqué dans ce pod, Clitoscopie contemporaine (09.01.17)

⊕  Le chapitre  « The clitoris : a feminist perspective » du manuel  New View of a Woman Body (1981).